Jean Bugatti (né le 15 janvier 1909 - 11 août 1939)
Il est Italien par ses origines familiales. Il est le petit fils de l'artiste et architecte Carlo Bugatti et neveu du sculpteur Rembrandt Bugatti. Ettore Bugatti, son père, fonde son usine Bugatti à Molsheim- Dorlisheim à 20 km à l'ouest de Strasbourg en décembre 1909. C’est tout jeune, qu’Ettore associe son fils aîné à ses recherches et lui fait connaître tous les rouages de l’usine. Fils unique, héritier du constructeur automobile alsacien, il hérite de son génie avant-gardiste. Jean travaille très tôt au coté de son père au bureau d'étude de l'usine.
A 18 ans, Jean n’ignore rien de la construction des voitures et participe à la mise au point des moteurs. Il est un ingénieur en mécanique, designer, industriel automobile et pilote d'essai de l’usine. Dès 1930, il a son mot à dire et impose ses idées, par exemple l’adoption d’un double arbre à cames au type 35, un châssis surbaissé, des freins hydrauliques ...
Il dépose de nombreux brevets par la suite.
Il se révèle rapidement doté au moins des mêmes talents d'artiste que son père. En 1936, « le Patron » lui laisse volontairement la direction de l’entreprise qui emploie alors de 1200 à 1400 personnes et s’éloigne. Sous l’autorité de Jean Bugatti, âgé seulement de 26 ans, naissent les types à deux arbres à cames. Jean Bugatti dirige l’étude et la construction de canots de course et de l’avion des records.
Les spécialistes s’accorde à dire que la meilleure part de son talent est certainement celle de l’esthétique. Jean dessine en effet une centaine de carrosseries les plus élégantes qui aient jamais habillé un châssis Bugatti et plusieurs chefs-d’œuvre incontestablement reconnus: La Bugatti Royale "coupé du patron", la première Bugatti « Royale », celle d’Henry Esders, La Bugatti T46 "Petite Royale" semi-profilée et le Roadster type 55, les coupés Bugatti Aérolithe et Bugatti Atlantic sur châssis Type T57. Ce sont peut-être les plus belles voitures de sport et de grand tourisme d’avant-guerre.
Ettore avait interdit à son fils d’être pilote. Celui-ci se console en assurant les essais des prototypes et des voitures de course. C’est le 11 août 1939, à 10 heures du soir, que Jean Bugatti affine à grande vitesse sur une route gardée à Duppigheim, les réglages d’un tank 57-G qui doit participer au Grand Prix de la Baule. Un cycliste lui barre la route et, pour l’éviter, il percute un platane. C’est à l'âge de 30 ans et à 10 km à l'est de l'usine de Molsheim-Dorlisheim que Jean Bugatti perd la vie. C'est un drame pour son père et pour l’usine Bugatti qui ne s'en remettront pas.
Son décès, la Seconde Guerre mondiale, les difficultés économiques de l'après-guerre et le décès d'Ettore Bugatti le 21 août 1947 sans successeur ont entraîné la disparition de la marque entrée dans la légende des pionniers de l'automobile d'élite.
Après avoir tenté de survivre quelques années à ses deux fondateurs de génie, la marque et l'usine Bugatti sont revendues en 1963 au constructeur français Hispano Suiza.
(A suivre...
... les années Hispano Suiza à Bugatti SAS.)
JM Schoorman, posté le 3 décembre 2007